« Allez ! On se dépêche ! »

Une injonction matinale résonne dans la maison. Des portes claquent. Des cris retentissent à l’étage. On galope dans l’escalier. C’est l’heure du départ…
Il en sera de même tout au long de la journée : vite, vite, vite… Voilà le maître mot qui gouverne désormais nos existences.
Notre société moderne va de plus en plus vite. Tout s’accélère. Ce changement de rythme de vie se traduit par un stress permanent.

A ce stress s’ajoutent des événements marquants générant anxiété et angoisse. C’est ainsi que près de la moitié des enfants vivront la séparation de leurs parents, que près de 30% d’enfants seront victimes de décrochage scolaire… et la liste est encore longue.

Bref… C’est un constat quotidien :

Certains enfants vont développer au cours de leur vie un état d’anxiété qui pourra se révéler passager ou encore permanent (dit aussi généralisé).

N’étant pas psychologue, je vous invite à aller consulter si votre enfant est victime d’anxiété généralisée. C’est ce que j’ai fait avec ma fille.

Toutefois, il est aussi possible d’accompagner votre enfant au quotidien pour limiter les comportements anxieux. En vous partageant mes découvertes et en vous faisant découvrir des approches et techniques qui ont fonctionné pour ma fille, j’espère vous aider à avancer. Ce qui a fonctionné pour elle pourrait fonctionner pour votre enfant.

Comment aider votre enfant à éradiquer l’anxiété ?

Sachez tout d’abord que plus on est jeune, plus il est facile de se défaire de ses troubles anxieux, car ce mode de fonctionnement se met en place dans la durée et crée des habitudes. Ainsi, en agissant rapidement et dès le plus jeune âge, vous mettrez toutes les changes de votre côté pour aider votre enfant à être plus serein au quotidien.

Ensuite, sachez que plus on comprend un mécanisme, plus on est en mesure de mettre en place de nouvelles façons de fonctionner. C’est pourquoi je vous invite – pour commencer – à augmenter votre niveau de connaissance de l’anxiété. Ouvrir la porte de la conscience est une clef du succès.

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Qu’est-ce que l’anxiété ?

L’anxiété est un état interne relié aux émotions réelles ou virtuelles (le cerveau ne fait pas la différence entre ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas). L’anxiété est source de souffrance.

Comment se manifeste-t-elle ?

Il est facile de détecter l’anxiété. Plusieurs signes physiologiques et psychologiques sont observables.

Au niveau physiologique

La personne anxieuse va développer plusieurs symptômes tels que :
• Palpitations cardiaques
• Pression sanguine élevée
• Tremblements
• Douleurs thoraciques
• Sensation d’étouffement
• Sueurs abondantes
• Nausées
• Étourdissements
• Engourdissements ou picotements
• Bouffées de chaleur ou frissons
• Plaques rouges
• Acné
• Eczéma
• Urticaire
• Maux de tête
• Agitation
• Problèmes digestifs (mal de ventre)
• Tension musculaire

Au niveau psychologique

L’anxiété se manifeste via des symptômes tels que :
• Difficulté à raisonner
• Difficulté à rationaliser
• Hyper sensibilité (irritable, colérique, triste)
• Difficulté à penser correctement
• Incapacité à cesser de penser à une situation donnée
• Difficulté à supporter le bruit
• Peur d’aller dormir chez un ami
• Peur de se séparer de vous

Pour ma part l’anxiété de ma fille se manifestais au moment de me quitter, mais cela peut aussi se manifester chez d’autres enfants par des comportements violents : un enfant qui frappe ou crie sur ses parents, un enfant qui lance des objets sur son entourage… Ce sont à chaque fois des moyens de défense.

Le moment du repas est un excellent temps pour observer des comportements liés à l’anxiété : ce peut être un enfant qui a des difficultés à rester assis, un manque d’appétit (le voilà qui repousse déjà son assiette après deux bouchées…).

A vous de prendre le temps d’observer votre enfant et ses réactions dans diverses situations qu’il soit seul ou en groupe par exemple, dans un environnement connu (maison) ou inconnu…

Comment fonctionne l’anxiété ?

L’anxiété se nourrit de peurs et d’appréhensions, ce que l’on nomme aussi peurs virtuelles.
Or, plus on réfléchit à une situation plus elle devient obsédante. C’est ainsi que plus votre enfant va penser à ce qui lui fait peur, plus celle-ci sera présente et forte.

Pour y faire face, l’enfant anxieux va vouloir tout contrôler. Or vous le savez certainement, il est impossible de tout contrôler. Dès lors, il va vouloir augmenter son sentiment de sécurité ce qui peut parfois donner l’impression d’être manipulé. Votre enfant fait tout pour rester à vos côtés car il se sent en sûreté.

Rappelez-vous que même si ces peurs sont virtuelles ou vous paraissent sans fondement, il est essentiel de les prendre au sérieux car pour votre enfant ces peurs sont réelles.

Apprendre à faire du stress un atout.

Le stress connaît plusieurs phases et les deux premières d’entre elles sont utiles. En revanche, la troisième phrase est à éviter car un stress prolongé mène à l’anxiété et c’est ce que nous souhaitons éviter. Etudions ici les différentes phases du stress et sachons optimiser les deux premières tout en minimisant (et supprimant, dans l’idéal) la troisième.

La phase d’alarme

Cette première phase dure de quelques minutes à 1 heure, période durant laquelle le corps est en alerte. Il sécrète des hormones telles que l’adrénaline, qui nous permettent de mobiliser nos ressources pour faire face à un danger.

En apprenant à reconnaître les premiers symptômes d’anxiété, vous serez en mesure d’identifier plus rapidement les facteurs de stress. De cette façon, vous pourrez passer plus rapidement à la phase suivante, voire même anticiper toute situation générant du stress.

La phase de réaction

Durant cette phase, notre taux de glucose et celui d’oxygène dans le sang augmentent, de même que notre tension artérielle et notre rythme cardiaque. Cette réaction physique est essentielle car elle permet de mobiliser nos muscles, ce qui nous conditionne en mode combat. Le stress nous aide à réagir et à mobiliser nos ressources pour faire face à une situation jugée dangereuse.

Face à une situation donnée, apprenez à réagir plus rapidement et efficacement. Vous améliorerez ainsi votre bien-être au quotidien.

La phase d’épuisement

Cette phase est la conséquence d’un stress trop violent ou installé sur la durée. A ce stade, notre corps est en sur régime et libère une hormone appelée cortisol.

Le cortisol, à un taux trop élevé, est une menace pour l’organisme car il endommage le cerveau. Il impacte sur son mode fonctionnement et sur les neurotransmetteurs. De ce fait, il inhibe le système limbique qui est le siège de nos émotions.

Dès lors, notre cerveau ne fonctionne plus normalement et bascule vers un schéma reptilien (l’instinct de survie). On agit alors de façon automatique et inconsciente, ce qu’on nomme aussi impulsivité. On observe un comportement caractérisé par une anxiété accrue, des pleurs, des cris, des coups…

Si les 2 premières phases ont été efficaces, la troisième deviendra inutile. Faîtes-en votre objectif !

Passer à l’action

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Maintenant que vous vous êtes familiarisé avec l’anxiété, ses symptômes et son mode de fonctionnement, il est temps de passer à l’étape suivante.

Vous souhaitez que la situation évolue ? Vous désirez aider votre enfant à vaincre son anxiété ? Voici quelques pistes pour passer à l’action.

Évitez les sources de stress inutiles

Pour commencer, évitez toutes sources de stress inutiles. Ce peut-être le journal télévisé qui évoque maintes catastrophes à travers le monde. Evitez de vous fixer, ainsi qu’à votre enfant, des objectifs trop ambitieux. Allez-y par étape. Evitez les situations imprévues, les changements de programme à la dernière minute… Pour résumer : an-ti-ci-pez !

L’outil par excellence : le journal de bord

L’idée est la suivante : pour pouvoir mettre en place un réel changement, il est important d’observer son enfant et noter les évolutions qui s’opèrent au fil du temps dans son comportement. C’est pourquoi je vous invite à tenir un journal de bord.

Concrètement, il s’agit de repérer les symptômes physiques et physiologiques d’anxiété manifestés par votre enfant, de les noter, de les analyser et d’agir en conséquence.

Dans la vie quotidienne :

• Soyez à l’écoute des plaintes de votre enfant et de ce qu’il vous dit ;
• Relevez les symptômes et notez-les (à titre d’aide, vous pouvez vous référer à la liste des symptômes mentionnée plus haut) ;
• Notez l’heure des symptômes ;
• Identifiez l’élément déclencheur ;
• Aidez votre enfant à trouver la réaction idéale. Écrivez-la.

Plus vous aurez conscience de son anxiété, plus vous pourrez aider votre enfant.

S’entraîner à toujours trouver le côté positif de la vie

Pour bien commencer la journée, je vous invite à vous réveiller chaque matin un peu plus tôt qu’à l’ordinaire. Prenez l’habitude de commencer votre journée en écrivant 3 ou 4 choses pour lesquelles vous manifestez de la gratitude, et proposez à votre enfant de faire de même.

Le simple fait de mettre sur papier ce pour quoi nous sommes reconnaissant peut nous faire réaliser à quel point nous sommes chanceux. En cultivant une attitude positive nous éloignons les sentiments négatifs tels que la peur.

Plus nous sommes reconnaissants plus nous nous sentons nourris et comblés par la vie.
Nous nous rapprochons ainsi du bonheur et du plaisir de vivre.

Sortir de sa zone de confort

Ce qu’on appelle la zone de confort, c’est cet ensemble d’activités, d’habitudes et de comportements qui nous sont familiers et dont on n’ose pas sortir par peur des jugements extérieurs ou de l’échec.

En invitant notre enfant à sortir petit à petit de sa zone de confort, nous lui donnons les moyens de ne plus craindre l’inconnu.

Pour ce faire, lancez à votre enfant de petits défis quotidiens ou demandez-lui de se fixer un défi chaque jour.

À la fin de journée interrogez-le sur trois choses agréables qui se sont déroulées durant la journée.

Discutez avec lui des difficultés qu’il a rencontrées, et aidez-le à trouver des pistes de réflexion et actions à mettre en place la prochaine fois pour ne pas renouveler ces expériences négatives.

Bilan

Je vous invite à faire régulièrement le point sur les changements observés, les améliorations qui prennent place petit à petit dans votre vie et cette de votre enfant.

Et surtout, n’oubliez pas : si vous avez besoin de soutien durant cette période, faites appel à un professionnel qui sera en mesure de vous accompagner dans votre démarche de changement.

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